Le Triangle d'Or

À l'Extrême-Nord de la Thaïlande, le Triangle d'Or est un paradis pour les amoureux d'aventure, de trek et de culture tribale. Le point sur les principaux attraits de la destination !

Introduction

Le trafic illégal de l'opium et les pratiques criminelles associées ont longtemps paralysé le secteur du tourisme dans le Triangle d'Or. Plus maintenant. En faisant confiance aux agents de voyage sur place, on peut sillonner cette région rurale et montagneuse en toute sécurité. Aux confins du Laos, du Myanmar et de la Thaïlande, la traversée du Triangle d'Or ouvrira les portes d'un monde inexploré et inconnu. Collectionner les points de vue sur la rivière Mékong. Marcher dans les hauts plateaux qui fleurent bon les pavots et les coquelicots. Rendre visite aux tribus Akha, Hmong ou Karen, dont la langue, le mode de vie, la coiffure et les habits traditionnels sont porteurs d'une riche culture. Destination insolite pour un voyage de noces, le Triangle d'Or décline randonnées et expériences culturelles.

Histoire

Le Triangle d'Or désigne une contrée historique de l'Asie du Sud-Est située au point de jonction des frontières laotienne, thaïlandaise et birmane. Trois mots viennent immédiatement à l'esprit lorsqu'on parle de cet endroit : l'opium, le folklore et le sous-développement.

L'économie de la région entretient un lien étroit avec l'opium, dont la culture a été introduite vers le milieu de la décennie 1920. La drogue est échangée contre de l'or ou des armes. La Chine contrôlait une majeure partie de ce commerce clandestin jusqu'à ce que le Parti communiste se soit emparé du pouvoir. La province de Yunnan a été nettoyée : les narcotrafiquants ont été exécutés, les toxicomanes traités dans un centre de soins, et les producteurs forcés de remplacer le pavot par d'autres cultures de rente. Le foyer de l'opium s'est alors déplacé des villages environnants du sud de la Chine vers le Triangle d'Or. Avec l'Afghanistan du Croissant d'Or, il figure en tête des principales zones de production de l'opium dans le monde à partir de la seconde moitié du xxi^e^ siècle.

Quittant le nord-est de la Birmanie, les plantes d'extraction de l'opium et de l'héroïne sont transportées à dos d'âne et de cheval à destination des raffineries thaïlandaises. Quant aux produits finis, la plus grande partie est livrée le long de la frontière dans plusieurs bourgades de la Thaïlande du Nord, puis acheminée par un long réseau de distribution jusqu'à Bangkok pour conquérir les marchés internationaux.

Bien que les autorités gouvernementales aient déployé des efforts pour limiter le trafic de drogue, les résultats restent mitigés. Si, dans la partie septentrionale du Siam, les plantations de thé, de maïs et de café progressent, signe d'un déclin de l'opium, la culture du pavot reste prééminente au Myanmar.

Aujourd'hui

Partir pour le Triangle d'Or est un rêve pour les globe-trotters et les voyageurs en sac à dos.  Cet espace rural de 950 000 km^2^ assume pleinement son côté aventureux, avec ses paysages de fleuve, de hautes montagnes et de collines  verdoyantes. Il satisfera les touristes avides d'aventure humaine par son melting-pot culturel. Le sourire, la gentillesse et l'hospitalité des autochtones leur feront chaud au cœur. En plus de visiter des villages ethniques hors du commun, on soutiendra le tourisme solidaire dont les revenus bénéficieront aux familles participantes. Et pour cause, l'écrasante majorité des cultivateurs d'opium vivent en dessous du seuil de pauvreté.

À voir et à faire dans la région

Le Triangle d'Or joue sur le pittoresque et l'authenticité de ses vieilles villes. Les touristes sont encouragés à visiter Chiang Mai, Chiang Rai et Chiang Sen. La capitale du golf, Chiang Mai, mêle incroyablement tradition et modernité. Chiang Rai est considérée comme la porte d'entrée vers le Triangle d'or. Située aux abords du fleuve du Mékong, elle annonce la Thaïlande des hauteurs. Les ruines bouddhistes ou khmères vous feront voyager dans une autre époque. A Chiang Sen, on touche déjà aux portes du Laos et de la Birmanie.

Tour du patrimoine religieux

La cité de Chiang Sen possède des pagodes de grande qualité :

Wat Phra That Doi Pu Khao

Ce monument bouddhiste du xviii^e^ siècle compte parmi les premiers du genre en Thaïlande. Chapeau pour sa position agréablement accrochée à un tertre rocheux ! Vous le trouverez juste derrière le Golden Triangle View Point. La vue dégagée sur le Mékong et les alentours mérite une prise photographique.

Wat Phra That Chedi Luang

A un jet de pierre du Musée national, le Wat Phra That Chedi Luang mérite le coup d'œil. Du complexe construit vers 1331 et agrandi 184 ans plus tard, seul le stupa a survécu aux ruines du temps. Nul autre monument religieux à Chiang Rai ne s'élève plus haut que ce stupa de 88 mètres de hauteur. Il possède une base circulaire de 24 mètres qui se termine en cône sommital. Que dire de plus, si ce n'est que l'art Lanna s'y reflète totalement !

Wat Phra That Pha Ngao

Les photographes auront tort de passer à côté de cette icône de Chiang Saen. Et de manquer le stupa blanc immaculé bâti sur un rocher, qui prêtera son nom au temple. Ils auront droit à une vue saisissante sur la rivière Mékong et les bourgs environnants du Laos. L'intérieur du temple abrite un patrimoine littéraire inestimable : des contes, poèmes, traités philosophiques bouddhistes issus du monde entier sont conservés pieusement dans des coffrets en bois. Chaque pays a son propre coffret avec une sculpture distincte. La troisième particularité du temple est d'ordre spirituel. Les villageois prennent la route du Wat Phra That Pha Ngao lorsqu'ils viennent à tomber malade. La croyance veut que le fait d'adorer les reliques du Bouddha à l'intérieur favorise le rétablissement.

Wat Phra Chao Lan Thong 

Fondé il y a plus de 530 ans, ce temple historique séduit par son Viharn flamboyant, auquel on accède par une volée de marches bordée de nagas à plusieurs têtes. Le plan de la toiture en trois segments est caractéristique des vieux temples de la Thaïlande septentrionale. A l'intérieur du Viharn, le majestueux Bouddha de 1,2 tonne est l'attraction phare des touristes. Hélas, on ne peut pas en dire autant du stupa dont l'enduit s'est effacé.

Balade sur le Mékong

La navigation sur le Mékong est l'attraction numéro un des plaisanciers dans le Triangle d'Or. Balancés sur les eaux, ils parcourront des paysages de campagnes aux tons variés : le vert des rizières, le rouge des coquelicots, les fleurs de thé jaunissantes… Pour permettre aux passagers de prendre du bon temps, le batelier observera de nombreux arrêts. Profitez-en pour assister à l'aumône des bonzes, déambuler dans les marchés locaux, déguster des fruits ou d'excellents primeurs, ou encore visiter un atelier de céramique. Et même si vous n'avez pas une corde romantique, le coucher du soleil sur le fleuve ne vous laissera pas indifférent.

Patrimoine culturel

  • Le musée national de Chiang Sen : la riche collection du musée fait de celui-ci une adresse incontournable de la ville. Parmi les pièces remarquables, on note des instruments de musique, des peintures, des céramiques en terre cuite, des vieux objets dont certains remontent à l'époque préhistorique, soit plus de 15 000 ans. À visiter absolument lors de votre séjour à Chiang Sen.

  • Le musée de l'Opium : à la sortie du Viewpoint, les touristes sont invités à pousser les portes du musée de l'Opium. Il se trouve à deux kilomètres de là, dans le village de Sop Ruak, non loin de Chiang Rai. Vous apprécierez l'exposition sur les étapes de fabrication de l'opium : comment il se cultive, se récolte et s'extrait des plantes avant d'être converti en produit hallucinogène. Vous apprendrez l'identité de quelques chefs de gangs qui se sont enrichis de cette ténébreuse affaire. Investi d'une mission d'éducation, le prestigieux musée sensibilise aussi ses visiteurs sur les dangers liés à la consommation de l'opium, tant en matière de santé que d'empreinte carbone. Prix d'entrée : 2,8 €.

- le Golden Triangle Viewpoint ou Parc du Triangle d'Or

Bien que localisée en dehors du centre-ville, cette célèbre place s'inscrit pleinement dans le paysage touristique de Chiang Saen. Non pas par le design futuriste du bâtiment en forme de bateau. Non pas à cause du Bouddha doré en position de lotus qui le surplombe, même si la statue lui ajoute un charme romantique. La raison des tourbillons touristiques sur le Golden Triangle Viewpoint est à rechercher dans sa situation au bord du Mékong. Depuis cet observatoire, le Laos, le Myanmar et les environs de Chiang Saen sont regroupés dans une perspective mémorable qu'on ne retrouve nulle part ailleurs.

Partir à la rencontre des tribus montagnardes

La randonnée servira de prétexte pour saluer les tribus montagnardes et s'enivrer de l'atmosphère folklorique. En partant de Chiang Mai, prenez la route des bourgs Karen en escaladant les collines. Les villages Akhas vous attendent au nord de Chiang Rai, sur le chemin entre Mae Chan et Doi Mae Salong. Les jardins de thé à perte de vue annoncent le fief des Lahu. Visitez également le village Karen de Ruamit et les villages Hmong aux limites du Laos.

Les Karen

Installée dans la région depuis l'empire Môn-Khmer, les Karen représentent une fraction notable des ethnies du Triangle d'Or. Leur régime alimentaire se compose de fruits et de légumes sauvages que les femmes prélèvent dans la forêt. Malgré la christianisation de masse opérée par les missionnaires britanniques au xx^e^ siècle, les Karen n'ont pas renié la foi des ancêtres. Si, à l'occasion de votre descente dans un village Karen, vous rencontrez un vieillard qui s'agite dans tous les sens dans une danse délirante, ne vous étonnez pas : ils appellent ceci la transe chamanique. Ce sont des peuples adorateurs de la nature, cultivateurs de rizières en terrasse et fumeurs de bétel incorrigibles.

Les Akha

À la différence de leurs voisins Karen, les Akha n'ont pas l'habitude de recevoir des étrangers. Aussi c'est avec enthousiasme qu'ils pratiquent la loi de l'hospitalité chaque fois que l'occasion survient. En entrant dans un village Akha, votre regard sera frappé par les huttes en bambou qui jonchent le sentier. Les femmes portent des habits aux couleurs vives. Concernant le mode de subsistance, les Akhas s'adonnent à l'agriculture sur brûlis, et ce, depuis l'aube de l'humanité. Les vulgarisateurs agricoles n'ont pas encore le feu vert des chefs coutumiers pour diffuser le couvert végétal et la rotation des sols.

Les Lahu

À l'approche d'un hameau Lahu, il n'est pas rare que le visiteur traverse une plantation de thé, de coton ou d'herbes potagères. La tribu forme une société rurale sédentaire. En s'entretenant avec les autorités lignagères, on connaîtra l'histoire des Lahus, qui étaient autrefois des fiers chasseurs de tigres. Ils sont souvent drapés dans une cape noire ou jaune aux brodures délicates. Durant la reconnaissance du village, vous pourrez prendre part aux activités locales : nourrir les cochons de l'arrière-cour, cueillir le thé ou battre le riz. La richesse culturelle de ce peuple a inspiré à l'ethnologue David Bradley le livre Lahu Dialects (1999). Chaque Nouvel An, Les Lahus adressent un hommage à Aue Za, le dieu de leurs ancêtres, en lui immolant du bétail et en lui offrant les produits de la moisson. Inoubliable !

Les Lisu

Descendant d'immigrants tibétains qui se sont éparpillés dans l'Asie du Sud-Est, les Lisu partagent des traits culturels communs avec les Hans de la province chinoise de Yunnan. L'identité de ce peuple s'exprime dans l'art de la musique et le port de bijoux colorés au poignet, aux oreilles et dans le dos pour montrer le statut financier ou social. Célébrer la fête folklorique du Nouvel An, assister au rite d'invocation des esprits, acheter des textiles comme le fameux sac à bandoulière… Vous aimeriez sûrement cette immersion culturelle !

Quand partir au Triangle d'Or ?

Le Triangle d'Or fait partie de la Thaïlande septentrionale, où le climat est beaucoup plus pluvieux que dans le golfe de la Thaïlande. La période qui s'étend d'avril à novembre est marquée par des pluies continuelles. Un conseil : choisissez vos dates entre le dernier mois et les deux premiers mois de l'année. Même durant la saison fraîche, n'oubliez pas d'emporter des tenues de pluie.

Comment s'y rendre ?

Pour arriver au Triangle d'Or, les ressortissants étrangers doivent prendre un vol pour Chiang Rai. De là, ils pourront monter à bord d'un bus régional qui dessert la ville de Chiang Saen en trois heures de trajet. Prix du ticket : compter dans les 50 bahts ou 1,4 euro.  

Pour une approche en douceur de la région et un déplacement à son propre rythme, le mieux est de recourir aux services de location de moto, de scooter ou de voiture à Chiang Rai.

Culture
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