Mae Salong

Agréablement perché sur une colline, le bourg de Mae Salong, à Chiang Rai, province du nord de la Thaïlande, a les airs d'une station touristique d'avenir. Le point.

La Petite Suisse de la Thaïlande n'a pas usurpé son surnom. Telle est l'image de Mae Salong aux yeux des touristes qui n'ont pas connu le terrible et douloureux passé de la ville. Là se retranchaient les soldats rebelles de Kuomintang. Là résidaient les hommes de main engagés par le Gouvernement thaïlandais pour mater le communisme. Là se pratiquait le commerce criminel de l'opium. Depuis les années 90, le renouveau de Mae Salong se confirme à plus d'un titre. Les pavots cèdent la place aux cerisiers et aux caféiers, et la production de thé est célèbre. Monuments et musées fleurissent dans les rues, comme le Musée commémoratif des martyrs qui retrace les origines chinoises de la cité. Voici donc une station de montagne, mêlant histoire, architecture, savoir-faire agricole et festival haut en couleurs. La Petite Suisse l'a merveilleusement nommée.

Notes du passé

La naissance de la ville date de la fin des années 50. La résonance du mandarin et du birman dans les galeries marchandes trahit immédiatement son origine étrangère. L'histoire de Mae Salong est étroitement liée à celle de la Chine et de la Birmanie, débutant à l'issue de la guerre civile chinoise et suivie de rebondissements durant la guerre de Corée.

Lorsque le Parti communiste dirigé par Mao Zedong prit le contrôle de la Chine en octobre 1949, au bout de trois années de guerre civile, les troupes nationalistes du Kuomintang (KMT) eurent du mal à accepter leur défaite. Certains régiments de la 93e division ont pris l'option de la fuite plutôt que celle d'une capitulation trop humiliante. Franchissant la frontière de Yunnan, ils ont immigré au Myanmar et dans le nord de Thaïlande. Ainsi est né Mae Salong, un joli village perdu dans les buttes rocheuses de Daen Lao, une chaîne montagneuse de Chiang Rai. Son fondateur est le général Tuan Schi-Wen.

Si la Thaïlande a accordé l'asile aux soldats du KMT, c'est à charge de revanche. Ils étaient engagés en tant que mercenaires pour combattre les émeutes communistes sur le territoire thaïlandais et faire des missions d'espionnage en Chine pendant la guerre de Corée. En retour, les soldats demandaient le statut de citoyen thaïlandais pour eux et leurs familles et exigeaient d'être ravitaillés en armes pour reprendre le pouvoir dans l'Etat Shan du Myanmar. Ce à quoi les États-Unis et la Thaïlande ont généreusement consenti.  

Jusque dans le milieu des années 80, les habitants de Mae Salong vivaient essentiellement de l'opium. Le village était inclus dans le Triangle d'Or, une région tristement célèbre pour le trafic de drogue et l'insécurité. En effet, le général du KMT encouragea la culture à grand échelle du pavot dans le but de financer les opérations militaires.

Aujourd'hui : un village agricole en plein essor

Mae Salong a laissé loin derrière elle le triste destin d'un camp de réfugiés. Ces deux récentes décennies, un climat de gaieté et d'insouciance a succédé aux longues années de terreur. Le patrimoine architectural du dernier siècle complète le charme d'un terroir rural boisé et fleuri. S'il vous arrive d'entendre répéter Santikhiri, sachez que c'est la nouvelle dénomination de Mae Salong.

C'est au-dessus de la montagne de Doi Mae Salong, sur la route entre Chiang Rai et Mae Sai, que les visiteurs trouveront la station. Faisant partie du district de Mae Fa Luang, elle réunit les aspects géographiques, historiques et culturels du Triangle d'Or tout en étant un village agricole hors du commun. Huit cents tonnes de thé y sont produites chaque année, ce qui classe Santikhiri premier fournisseur de thé dans la province. L'arboriculture est en pleine croissance, en particulier les pruniers et les cerisiers qui possèdent une valeur économique et touristique précieuse. La mise en bouche s'arrête là : venez découvrir par vous-mêmes en consacrant une ou deux journées d'escapade dans la petite ville montagneuse de Mae Salong.

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Patrimoine historique et religieux

Le Martyr's Memorial Hall ou Musée commémoratif des Martyrs 

Situé au sud du village, le musée rend hommage aux soldats du KMT qui ont versé leur sang pour la Thaïlande durant les rebellions communistes.

Trois bâtiments sont à voir : les dates importantes de l'histoire du KMT sont exposées dans la première salle ; un temple dédié aux combattants martyrs attend les visiteurs dans la salle centrale. La dernière salle, quant à elle, offre un éclairage sur le progrès spectaculaire de la ville à partir des années 90.

Le cimetière du général Tuan 

Les visiteurs apprécieront de se recueillir sur cette tombe, ne serait-ce que pour adresser une pensée au leader vénéré du KMT qui a construit le village. La tombe se dresse sur un tertre rocheux qui domine le bazar principal. De là, on peut embrasser du regard les jolies maisons de ferme noyées dans un océan de verdure.

Le chedi Phra Boromathat 

La reine mère en l'honneur de laquelle le chedi a été érigé s'appelait Srinagarindra. L'atout du monument repose sur son cadre montagneux : on prend de la hauteur et on profite d'une vue dégagée sur les paysages de la Birmanie.  

Patrimoine culturel

Dans les collines, les domaines de thé et de café se succèdent à l'infini. Une variété de thé d'origine chinoise pousse un peu partout : le « oolong », qui est à la fois l'or vert et la fierté de la région. Pour apprendre les secrets de sa fabrication, le touriste doit s'aventurer dans les hautes altitudes. La récolte intervient entre janvier et février, une période d'effervescence, de labeur intense et de bonheur. Seule une approche éducative et gustative permettra d'apprécier toutes les richesses de ce patrimoine vernaculaire. 

Patrimoine tribal

La promenade dans les plantations de thé implique naturellement une incursion chez les communautés tribales. En effet, des minorités ethniques birmanes ont élu domicile dans les hauteurs : les Akha, les Lisu, les Hmong, etc. Il est clair que la mentalité conservatrice y domine, à en juger par les costumes, les bijoux, les modestes huttes en bambou ainsi que la pratique de l'agriculture sur brûlis. Possibilité d'assister à un rituel chamanique.

Le festival des cerisiers

Une joyeuse fête paysanne mérite qu'on passe ses vacances de fin d'année à Mae Salong. Tous les ans, le village célèbre la floraison des cerisiers entre le 28 décembre et le 2 janvier. Six jours de foire agricole et artisanale, d'animations de rue et de concours de beauté. La promenade est féerique à cette période, lorsque les feuillages des cerisiers sakuras se colorent de rose vif. Et ce n'est pas tout. C'est durant ce festival que la tradition des tribus montagnardes est mise à l'honneur.

Meilleur moment pour partir 

Perché dans les collines, Mae Salong jouit d'un climat alpin. Le froid et l'humidité sont plus prononcés que dans la Thaïlande centrale et dans les îles du Sud. Il faut venir entre décembre et mars, période où la ville connaît les plus basses précipitations. Cela dit, le choix de la date est dicté par le genre d'expérience que vous souhaiteriez vivre sur place. Pour voir la récolte des feuilles de thé et la torréfaction, fixez votre départ vers la fin janvier ou en février. En revanche, le mois de décembre est à propos pour contempler les cerisiers aux fleurs épanouies. Les tenues chaudes sont de rigueur.

Comment se rendre à Mae Salong ?

Des services de bus pourront vous emmener à Mae Salong en provenance de Chiang Rai et de Tha Thon.

Si le touriste part de Chiang Rai, il lui faut monter dans le prochain bus pour Mae Sai et descendre à Pasang. Ce faisant, il gagne le rond-point à trois chemins, là où les songthaews ramassent les passagers se rendant à Mae Salong. Le prix total de la course varie autour de 475 bahts, soit l'équivalent de 13,3 euros : 0,7 euro pour le bus et 12,6 euros pour le pick-up.

Si le touriste part de Tha Thon, il n'aura pas à changer de véhicule : un songthaew jaune dessert directement le village au prix modique de 60 bahts (1,68 euro). Les départs ont lieu uniquement dans la matinée.

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