Isan - Guide Thaïlande - Sawa'discovery

Isan

Souvent laissée pour compte par les tours opérateurs, Isan possède quelques-unes des destinations les plus surprenantes et les plus authentiques de la Thaïlande.

Isan désigne une région géographique du nord-est de la Thaïlande, aux frontières du Laos et du Cambodge. Le voyageur européen qui décolle de Bangkok pour s’envoler vers Ubon, Udon Thani ou Nakhon Ratchasima se rendra compte très vite qu’il a franchi les portes d’un autre monde. La Thaïlande de la capitale et des îles de la mer d’Andaman n’a rien en commun avec la Thaïlande de l’Isan.

Le vert des rizières, la sortie des buffles dans les champs, la douce mélodie du Mor Lam, accompagnée par un joueur de khaen, l’élégance des sarongs finement brodés, le métier traditionnel de la soie, les habitations sur pilotis croulant sous les feuillages d’arbustes… C’est en Isan que la tradition de la Thaïlande se manifeste sous toutes ses facettes ! Vous visiterez de merveilleux parcs nationaux, jalonnés de cascades et de piscines naturelles ; vous explorerez des temples bouddhistes ; vous participerez à de joyeuses fêtes folkloriques, comme la fête des chandelles d’Ubon Ratchathani, pour n’en mentionner que la plus célèbre, et, pour couronner le tout, vous profiterez d’une croisière de plaisance sur le fleuve Mékong.

Un voyage riche en découvertes, où l’authenticité est le maître mot vous attend en Isan.

Histoire

L’Isan, Issan ou Ihsan – les trois graphies étant admises – a des liens historiques avec le Laos et le Cambodge. L’empire Khmer d’Angkor a gouverné la région avant le début de l’ère chrétienne. Les temples-montagnes de grès rouge et rose, communément appelés prangs, sont l’héritage de cette période. Les ruines khmères les plus notables sont celles de Phimai et de Phnom Rung. Vers 1300, le royaume lao de Lan Kang ou Million d’Éléphants monta en puissance et conquit les territoires voisins. C’est à partir de ce moment que les Laotiens émigrèrent en masse vers le nord-est de la Thaïlande. Il en résulte un métissage culturel manifeste dans la langue, la cuisine, les costumes traditionnels et l’architecture religieuse.

L’Isan a été incorporée au Siam sous le règne de la dynastie Chakri qui entreprit l’unification de la Thaïlande. C’était au xviie siècle. L’intégration du peuple Thai Lao ne s’est pas faite sans violences. Des milliers de familles ont été déportés contre leur gré de la rive gauche du fleuve vers la rive droite. Pour favoriser l’intégration sociale des habitants d’Isan, le Gouvernement thaïlandais fit répandre le bruit que l’Isan viendrait du vieux sanskrit Isana, un glorieux nom de Shiva.

Toujours est-il que le peuple Isan souffre de stigmates associés à ses origines khmères et laotiennes. Les citoyens de la Thaïlande centrale ont tendance à les regarder avec mépris, jugeant leurs voisins comme un peuple non civilisé et peu raffiné. La confession de Pira Sudham, homme de lettres originaire de l’Isan, est déchirante : « certains Thaïlandais de Bangkok… ont dit que je n'étais pas Thaïlandais, mais… un buffle ou un paysan ».

Aujourd’hui : une région économiquement défavorisée qui table sur l’avenir du tourisme

La pauvreté sévit plus en Isan que dans n’importe quelle autre partie de la Thaïlande. Témoin le gain mensuel des salariés qui plafonne à 3 928 bahts, alors qu’à l’échelle nationale il atteint 6 445 baths. Témoin également l’exode rural massif qui touche la région. Beaucoup de jeunes émigrent à Bangkok et dans les îles pour rechercher du travail. Dans ce contexte, le tourisme s’avère un moteur de la croissance économique.

Partir en Isan ne traverse pas l’esprit de nombreux voyageurs. Ils songent plutôt à la Cité des Anges ou à la ville historique d’Ayutthaya. Pourtant, les destinations de l’Isan ont de quoi faire rêver, si on aime retourner aux sources et bouleverser les codes de la civilisation. Les infrastructures touristiques sont loin d’être conformes aux normes européennes. Pas de transports publics desservant les petites localités. La traversée de l’Isan n’en est que plus excitante. Le tourisme en Isan met l’accent sur la nature, la beauté des rizières, les savoir-faire artisanaux, les saveurs culinaires, l’architecture bouddhiste sans oublier les ruines des civilisations préhistoriques.

À voir et à visiter sur place

Bienvenue dans la plus vaste région de la Thaïlande ! Pour votre bonheur, votre agence de voyage locale organise des circuits à thème vers des villes et des villages soigneusement choisis. Les destinations les plus pratiquées sont Nakhon Ratchasima, Buriram, Udon Thani, Ubon Ratchathani et Loei.

Patrimoine archéologique

Nakhon Ratchasima, la capitale régionale de l’Isan, est connue pour ses importantes ruines khmères. Le Prasat Hin Phimai est à découvrir à tout prix : une tour sanctuaire en pain de sucre caractéristique de l’époque ! De là, vous poursuivez vers les sites archéologiques de Phanom Rung et de Muang Tam, qui font la fierté de Buriram. Shiva, Vishnou, divinités Apsaras aux courbes généreuses… Tout le panthéon hindou y figure au complet. Sur la route entre Phimai et Phanom Rung se trouve le jardin botanique de Sai Ngam. Faites-y donc un crochet, ne serait-ce que pour capturer en photo le plus grand banian d’Asie. L’âge de celui-ci est estimé à plus de 350 ans !

Patrimoine naturel

L’agriculture vivrière demeure le pilier de l’économie. Les randonneurs seront heureux de flâner entre les rizières inondées, de parcourir les champs de manioc et de canne à sucre. L’hébergement en famille d’accueil est une opportunité pour se lier d’amitié avec les habitants et partager leur quotidien. Les éléphants et les buffles d’eau sont légion dans les villages ruraux de l’Isan. Les jeunes vont adorer ; se baigner à côté des éléphants, regarder les buffles labourer les rizières ou les guider dans l’étable est une expérience unique !

Les mordus de randonnée combinent généralement l’immersion dans une communauté tribale aux joies de l’écotourisme. Attendu la majesté du décor montagneux, le détour dans les parcs nationaux déchaîne les passions.

De visite à Loei ou à Khon Kaen, ne passez pas à côté du parc national de Phu Kradung, connu pour ses points de vue, ses cascades et son relief tourmenté ; poursuivez par le parc national de Phu Rea et soyez récompensés par la vue unique sur le Laos et le Mékong qui vous attend au sommet Phu Ruea (1 065 m).

Vous allez quelque part dans le sud de l’Isan ? Offrez-vous une incursion au parc national de Pha Taem, à 20 km de route de Khong Chiam, district d’Ubon Ratchathani. Les eaux rouges du Mékong, la cascade assourdissante et les rochers aux airs de champignons créent un cadre enchanteur propice à l’errance et aux rêveries. Vous serez curieux d’examiner les figures caricaturales peintes à même le rocher. Un art rupestre réalisé il y a 3000 ou 4000 ans par les hommes des cavernes ! Lors d’une croisière sur le Mékong, ne manquez pas le Sam Phon Bok, un ensemble de dunes rocheuses polies par les flots et jonchées de poches d’eau aux formes étranges. Les habitants l’appellent affectueusement « le Grand Canyon de la Thaïlande ». À vous de juger si le site est effectivement très beau comme le laisse entendre son surnom !

Temples et monuments

Les temples, les stupas et les pagodes sont inséparables du paysage. La vie sociale et culturelle du village tourne autour du temple. Quelques monuments d’exception valent qu’on s’y attarde :

- Le parc de sculptures Sala Keoku, situé à 5 km de Nong Khai ;

- Le Wat Ban Rai, trônant au centre-ville de Nakhon Ratchasima ;

- Le Wat Pa Maha Chedi Kaew, construit à base de bouteilles de bière récupérées. Un monument incontournable de Sisaket !

- Le Wat Nong Wang, le plus beau joyau architectural de Khon Kaen. Les visiteurs s’y rendent pour admirer son imposant stupa de neuf étages, dont le plan a été influencé par la tour Eiffel et la pagode Shwedagon de Rangoon ;

- Le Wat Pa Phu Kon, connu pour son viharn aux tuiles bleu turquoise et son Bouddha couché de 20 mètres coulé dans le marbre blanc de Carrare. Entre Nong Khai et Udon Thani.

Patrimoine culturel

En voyageant dans l’Isan, vous aurez certainement l’occasion d’admirer les croyances et les traditions culturelles. À la différence de l’Europe occidentale, où les chrétiens sont croyants mais peu pratiquants, ici le bouddhisme a une influence considérable dans la vie quotidienne. Pour vous en convaincre, rendez-vous au festival Phi Ta Kon, qui a lieu dans le petit village de Dan Sai, province de Loei. Cette cérémonie de trois jours commémore le retour du prince Gautama dans sa ville natale, après de longues années d’exil ; les morts se sont réveillés de leur tombe, dit la légende, pour se joindre à la liesse des vivants. Parmi les autres fêtes célèbres, il convient de citer le festival des bougies d’Ubon Ratchathani, à l’occasion duquel des calèches chargées de bougies géantes sculptées défilent dans la rue, la parade d’éléphants de Surin, qui se tient chaque année durant la troisième semaine de novembre, et le festival de la soie qui anime le village tranquille de Khon Kaen au mois de décembre.

Un voyage sur mesure en Isan peut inclure des spectacles de chant et de danse traditionnelle. Vous aurez droit à un morceau de Mor Lam, une forme de musique répandue au Laos et en Isan vers les années 1920, qui s’accompagne d’une guitare à trois cordes, d’un luth et de quelques cymbales.

La cuisine est également une composante essentielle du patrimoine culturel indigène. Pour bien manger, les Isaniens ont besoin de manger un bol de riz gluant, avec des mets à base d’herbes vertes, de fruits, de légumes et d’épices variés. Les plats les plus connus d’Isan sont le Sum Tum (salade de papayes croquantes), le larb et le potage de pousses de bambou. Les amateurs pourront prendre des cours de cuisine locale.

Enfin, l’Isan est réputée pour être un pays de tisserands, de fabricants de soie et d’artisans habiles. La visite des étrangers est une occasion pour ces derniers d’écouler les fruits de leur travail. De Surin à Sisaket, de Nong Khai à Udon Thani, de Loei à Khon Kaen, l’artisanat est une attraction à part entière. Vous pourrez découvrir un élevage de vers à soie, vous initier au tissage ou apprendre les techniques de fabrication des gongs. En quittant le village, n’oubliez pas d’acheter quelques articles en guise de souvenir. De cette façon, vous viendrez en aide aux communautés rurales qui vivent dans un dénuement sévère.

Informations pratiques

Quand partir en Isan ?

La réponse à cette question dépend de vos choix touristiques. Si votre but est de faire une randonnée en pleine nature, voir les rizières et admirer les chutes d’eau, cela vaut la peine de venir au plus fort de la saison des pluies. De juillet en octobre, la végétation explose après les orages, conférant à la promenade tout son charme. Si vous entendez axer votre séjour sur la visite patrimoine, calez votre départ entre novembre et février. C’est la meilleure période pour partir en Isan : le ciel est parfaitement dégagé, et il fait chaud sans être torride.

Comment s'y rendre

Pour voyager pas cher en Isan, le bus est la meilleure option. Les services de bus partent à destination de toutes les villes depuis Bangkok.

L’avion est un transport pratique et confortable. Des vols réguliers relient Bangkok aux destinations majeures de la région, savoir Buriram, Loei, Ubon Thani, Ubon Ratchathani, Khon Kaen et Sakhon Nakhon. Pour voler tout droit à Nong Khai, le plus simple est de réserver un vol pour Udon Thani. Chaque aéroport dispose d’un service de navette qui dépose directement les passagers au centre-ville.

Découvrez l'Isan avec notre circuit Merveilles de l'Isan

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