Pont de la rivière Kwaï

De passage à Kanchanaburi, en Thaïlande occidentale, ne manquez pas de visiter le fameux pont historique suspendu sur la rivière Kwai. Tour d’horizon de l’attraction.

Ceux qui ont lu le roman culte de Pierre Boulle se souviennent forcément des crimes de guerre commis par l’armée impériale nipponne en Thaïlande. Le pont de la rivière Kwai qui a inspiré à l’écrivain son livre le plus connu se visite encore aujourd’hui. Il a été construit à Kanchanaburi, province de la Thaïlande de l’Ouest, afin d’assurer une liaison ferroviaire entre Bangkok et Rangoon. La traversée du pont vous plongera dans le douloureux passé du Siam, quand le royaume était sous occupation japonaise. Vous revivrez en mémoire la souffrance, l’humiliation et les mauvais traitements subis par les soldats des Alliés, rendus à l’état d’esclavage. À n’en pas douter, le pont de la rivière Kwai est un symbole fort de Kanchanaburi, un monument iconique d’une valeur émotionnelle et sentimentale incontestable où le recueillement s’impose. Mais aussi un livre d’histoire à ciel ouvert sur la Seconde Guerre mondiale.

Notes historiques

Le pont a vu le jour dans les années 40. Le but de la construction était simple : les Japonais voulaient à tout prix pacifier la Birmanie rebelle en imposant un contrôle militaire. Quatre cent quinze kilomètres de voie ferrée étaient prévus pour connecter la Thaïlande à la Birmanie. Les bateaux étaient trop risqués et parcouraient de longues distances. Un chemin raccourci était nécessaire, par lequel l’Empire du Japon comptait non seulement conquérir la Birmanie, mais s’emparer aussi de l’Inde britannique.

Une passerelle provisoire en bois a été érigée à l’été 1943. Le délai des travaux de chantier sur le pont varie suivant les sources. Mais on suppose que le Japon a reçu l’ouvrage définitif entre mai et septembre 1943. Un an plus tard, il sera remplacé par un pont métallique en acier.

L’Empire du Japon a mis en œuvre des moyens pas très nobles pour venir à bout de son projet. Ils ont violé les lois de la guerre en enrôlant de force près de 100 000 civils asiatiques à la construction du pont. Plus offensant était le traitement infligé aux soldats vaincus originaires des pays alliés : sur les 30 000 soumis au travail forcé, plus de 16 000 ont péri sur le pont. Raison pour laquelle le pont de la rivière Kwai a acquis le surnom de « voie ferrée de la mort ».

Peu de témoignages ont pu être glanés dans les archives, l’armée japonaise ayant pris soin d’effacer toutes les preuves documentaires relatives au sort des travailleurs sur le pont avant de se rendre aux Alliés. Mais les survivants ont rapporté des cas d’épidémie de choléra. Ils ont également eu droit à de la nourriture maigre et infecte.

Les raids aériens sur le pont sont parvenus aux oreilles du monde entier. Il faut savoir qu’à l’époque le pont était l’un des plus importants du pays, ce qui faisait de lui une cible facile pour les ennemis. Il a été bombardé, détruit et réparé à plusieurs reprises.

Aujourd'hui

Le Gouvernement thaïlandais n’a pas eu tort de miser sur le potentiel historique du pont. Il y a plein de monde de l’aube jusqu’au crépuscule. De novembre à décembre, un festival commémoratif se tient sur la place, à l’occasion duquel les conditions de vie des travailleurs en 1942 sont fidèlement restituées. La célébrité du site est due également au succès du livre de Pierre Boulle, The Bridge on the River Kwai, qui a été récompensé par le prix Sainte-Beuve, et au film de David Lean, une adaptation cinématographique du roman.

Visiter le pont

Soupirs, tristesse, compassion, rage… Un kaléidoscope d’émotions soulève le cœur du visiteur en marchant sur le pont Kwai. Pour tirer le meilleur parti de la visite, il est indispensable de séjourner dans un hôtel à Kanchanaburi. Cela permet de prêter attention aux nombreux détails intéressants du pont : l’histoire de l’ouvrage, les jolies travées en treillis, l’inscription témoignant des travaux de réparation entrepris par les Japonais, les vestiges du premier pont en bois exposés à l’intérieur du musée de la Guerre… Il existe deux façons de l’explorer : user les jambes ou emprunter le petit train folklorique spécifiquement conçu pour les touristes. La balade ferroviaire dure environ un quart d’heures au prix de quelques centimes d’euros.

C’est en automne, dans les derniers jours de novembre, que le pont donne le meilleur de lui-même. Un festival joyeux et coloré commémore la mise en place de l’ancien pont. Son et éclairage s’associent aux concerts de musique pour représenter la vie des prisonniers de guerre. Les marchands de hot dogs, de produits alimentaires, de vêtements et d’accessoires de mode misent sur ces festivités pour accroître leur chiffre d’affaires.

Le pont de la rivière Kwai est situé à 3 km du centre-ville de Kanchanaburi. Pour s’y rendre depuis Bangkok, la capitale thaïlandaise, il faudra compter au moins 2 heures de voiture. La promenade vaut le coup à la pensée que le pont est l’un des plus célèbres de la Thaïlande, voire du monde.

Infos pratiques

Meilleure période pour y venir

Bordée de hauteurs montagneuses, la vallée de Kanchanaburi accuse une température moyenne de 30o C. Intense peut-être aux yeux d’un Européen, mais largement supportable par rapport à l’étuve qui règne dans les villes centrales. La meilleure saison pour visiter le pont historique se situe entre novembre et février, quand la pluie n’est pas à craindre.

Comment s'y rendre ?

Pour accéder à la « voie ferrée de la mort » depuis Bangkok, les plaisanciers ont l’option entre le bus ou le train.

Voyager en train

Rendez-vous à la gare de Bangkok Thonburi, là où s’arrêtent les lignes de train qui relient la capitale à la ville de l’ouest. Il y a deux trains : le premier part à 7 h 45 et le second à 13 h 35. Il faut arriver à l’avance, car les billets seront vite épuisés. Le prix du billet est de 100 bahts (2,8 euros) par personne.

Voyager en bus

Les bus publics pour Kanchanaburi ramassent les passagers à la gare de Sai Tai Mai de Bangkok. Bien que le véhicule attende d’être rempli avant de partir, vous n’aurez pas besoin de patienter longtemps. Les départs ont lieu tous les quarts d’heure ou, au pire, toutes les demi-heures. Prix : comptez entre 77 et 99 bahts, soit dans les 2,5 euros. Il convient de prendre un bus 1re classe ou 2e classe. Les bus 3e classe sont assez inconfortables.

Dans les environs…

À part le célébrissime pont, la cité de Kanchanaburi réserve d’autres attractions aux amoureux d’histoire. Le tour du musée de la Seconde Guerre de Kanchanaburi est un must. Il introduit aux évènements qui ont agité la ville durant la direction militaire et abrite toute une collection d’engins de combat : aéroplane, automobile, hélicoptère, machine à vapeur et bien d’autres. Les vestiges de l’ancien pont en bois y sont conservés. À quelques mètres du musée, le cimetière des Alliés à Donrak vaut le détour. Il abrite les tombeaux des 6 982 soldats victimes de la guerre, pour la plupart originaires d’Angleterre, d’Australie et des Pays-Bas. Les amateurs de pleine nature, quant à eux, prendront la route en direction du parc national d’Erawan, puis de celui de Sai Yok.

Monument
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