Wat Chai Watthanaram

Avec ses cinq pagodes de style khmer, le Wat Chai Watthanaram est l’une des plus importantes ruines de la ville royale d’Ayutthaya. Tour d’horizon du temple.

Les temples pyramides de style khmer valent à eux seuls le déplacement à Ayutthaya. Voilà ce qu’écrivait Van Vliet, un marchand néerlandais du xviie siècle, dans ses mémoires de voyage au Siam :

« Entre-temps, nous avons vu quelques-unes des tours sanctuaires les plus élégantes du Siam, en particulier le grand et le petit Abbentak, étincelants d’or et de pierres fines comme une montagne dorée. […] Il y avait autrefois une porte qui n’était ouverte qu’aux souverains, à l’exclusion de toute autre personne. L’intérieur renfermait de nombreuses images (prétendument) taillées en or massif. […] De là, nous avons traversé une large et très longue galerie qui avait été aménagée autour de cette immense tour à base carrée, chargée entièrement d’icônes dorées de grande valeur si bien que nous avons presque tenu pour négligeable la multitude extraordinaire de statues de taille plus moyenne et de statuettes. Leur nombre était incalculable ».

Le grand Abbentak est connu actuellement sous le nom de Wat Chai Watthanaram. Bordé par les eaux paisibles de Chao Phraya, ce temple bouddhiste en ruines témoigne du faste et de la grandeur passée d’Ayutthaya. Heureuse époque où les temples royaux étaient un symbole du pouvoir politique, où les pèlerinages et les funérailles des familles princières donnaient lieu à des joyeuses célébrations, et où l’architecture khmère était le bon goût classique. Le temps de quelques jours à Ayuttaya, la deuxième capitale du Siam, le Wat Chai Watthanaram est un monument incontournable !

Notes historiques

L’inauguration du temple remonte à l’an 1630, soit au cours de la période tardive d’Ayutthaya. Prasat Thong, le dirigeant de l’époque, exprimait le désir de bâtir un monastère royal en l’honneur de sa feue mère nourricière. Le choix de l’emplacement est loin d’être innocent : situé sur le site du domicile de sa mère, le temple était un témoignage d’amour filial et de piété bouddhiste, le but étant de communiquer une image avantageuse du souverain aux yeux des sujets. À son achèvement, l’édifice reçut le nom de Wat Chai Watthanaram ou « le Monastère du temple prospère et victorieux ».

Vers 1767, les forces birmanes ont envahi la cité d’Ayutthaya, misant sur l’incompétence du roi en titre, qui était un homme à femmes plutôt qu’un courageux guerrier. Le sanctuaire a été pillé et dépouillé de tous ses trésors. Il tomba en ruines durant deux cent-vingt ans. En 1987, le Département thaïlandais des Beaux-Arts a pris soin de réhabiliter le site. En 1992, il rouvrit ses portes en tant que monument historique. L’architecture d’origine a été perdue.

Aujourd'hui : un des principaux temples en ruines d’Ayutthaya

Des 1 500 temples que comptait la Venise de l’Orient à l’apogée de sa grandeur, à peine une quinzaine a survécu à l’épreuve du temps. Le Wat Chai Watthanaram en fait partie. Terminé au bout de 20 ans de travaux, ce monastère bouddhiste royal est l’une des plus belles manifestations de l’art khmer. Les visiteurs peuvent y accéder par voie routière ou fluviale. Certains livres et manuscrits notent une ressemblance flatteuse entre le Wat Chai Watthanaram et le complexe d’Angkor Wat. Ceux qui ont eu l’occasion de visiter Angkor Wat affirment que le premier est loin d’égaler le second. Il n’en reste pas moins que le Wat Chai Watthanaram est une magnifique ruine khmère, et son inscription sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco est tout à fait justifiée.

Architecture du temple bouddhiste

Grand, monumental, typique de l’art khmer, le Monastère du Temple prospère et victorieux se dresse devant vous, sur la rive orientale du fleuve Chao Phraya. Plus qu’un simple lieu de culte, il se présente comme un complexe de temples, comprenant un ubosot (salle d’ordination), des chapelles, des viharas (salles de réunion), des stupas et des quartiers monastiques.

Le plan en quinconce est, il faut l’admettre, une réussite artistique. Le bâtiment dans tous ses détails est un modèle accompli de rigueur et d’équilibre. À l’origine, une imposante muraille encerclait le temple de tous côtés. Elle mesurait 194 mètres de long sur 117 mètres de large et culminait à près de 2 mètres de haut. Le temple avait huit portes d’entrée : deux portes sur le côté nord, deux portes sur le côté sud, une porte sur le côté ouest, et trois portes donnant sur la rivière. Au centre se trouve la porte principale, dont l’accès est défendu, puisqu’elle s’ouvre uniquement lorsque la péniche royale débarque dans le temple. Autrefois, les murs de la façade étaient enduits de plâtre blanc. Au fil des siècles, le plâtre s’est effacé, mettant à nu les briques rouges.

Les attractions principales du temple

Les touristes d’aujourd’hui ne pourront plus voir le temple dans sa splendeur première, quand il avait l’air d’une montagne dorée incrustée d’or et de pierres précieuses. Tout de même, quelques ruines valent qu’on s’y attarde :

- Le prang principal : En entrant par la porte centrale, suivez l’allée en briques qui vous mènera droit au prang principal. Celui-ci repose sur une plate-forme carrée. Atteignant 35 mètres de haut, cette tour sanctuaire symbolise le mont Meru, le centre du monde et la demeure sacrée des dieux. Elle est entourée de 4 prangs de taille inférieure, représentant les quatre continents et tournés en direction des quatre points cardinaux. La pointe du prang imite l’aspect d’un bouton de lotus.

- Les fresques décoratives de la galerie : au nord-est de la plate-forme, vous pouvez admirer une galerie aux toits soutenus par des piliers perpendiculaires. L’intérieur abrite des œuvres picturales racontant la légende de Vessantara Jataka (nom sous lequel Bouddha était connu durant sa vie terrestre). Admirez le Bouddha assis en position de lotus, les rangées d’anges s’inclinant devant sa sagesse et le palais serti dans un écrin de verdure.

- Les statues de Bouddha : des images de bouddhas souriants sont visibles sur les renfoncements des murs. Malheureusement, leurs têtes sont manquantes, conséquence des vols et des pillages commis par les soldats birmans.

- Le chedi aux airs de campanile : en vous dirigeant du côté nord du prang principal, vous apercevrez un petit chedi du xviiie siècle en forme de campanile. Les cendres de Thamatthibet y sont conservées. Pour la petite histoire, Thamatthibet était un prince d’Ayuatthaya, le fils aîné du roi Borommakot (1733-1758). Il était l’héritier présomptif du trône, mais il commit la folie de coucher avec quatre concubines royales. La punition de ce crime de lèse-majesté était la mort sur le fouet. Thamatthibet a reçu 120 coups de fouet alors que les concubines ont été battues 30 fois. Son père lui a bâti ce chedi pour son incinération, conformément à l’usage de l’époque.

Infos pratiques

Horaires et prix d’entrée

Le site est ouvert 7 j/7 de 9 h jusqu’à 15 h 30 ou 16 h, excepté les jours fériés. Accès libre pour les Thaïlandais. Le droit d’entrée pour les non-Thaïlandais est fixé à 30 baths par personne, soit l’équivalent de 0,84 €.

Quand partir ?

Pour voyager à Ayuttaya, les mois les plus favorables sont décembre, janvier et février. Les averses sont rares à cette période de l’année, et il fait chaud sans frôler les températures caniculaires du mois de mars.

Comment s'y rendre ?

Le Wat Chai Watthanaram est compris administrativement dans le quartier de Ban Pom, ville de Phra Nakhon Si Ayutthaya, à moins de 70 km au nord de la capitale. Pour vous y rendre, vous êtes libre de prendre le bus, le train ou encore le bateau et accoster sur la rive est de Chao Phraya.

En bus

Des bus publics desservent la ville d’Ayuttaya au départ de Bangkok. Leur point de ralliement est la gare routière de Mochit. Les heures de service vont de 05 h 30 à 19 h 30.

En train

Rendez-vous à la gare ferroviaire de Hualamphong, là où les trains pour Ayutthaya ramassent leurs passagers. Comptez entre une heure et demie et deux heures et demie de trajet pour un tarif de 15 baths par personne la troisième classe (0,5 €) et 65 baths par personne la première classe (1,82 €). Inutile de venir tôt le matin, puisqu’il y a plus d’une trentaine de départs par jour.

En bateau

Plusieurs tours opérateurs organisent une croisière en bateau à destination d’Ayuttaya.

Une fois arrivés au centre-ville, vous n’aurez plus qu’à héler un taxi ou un tuk-tuk rose qui vous déposera aux portes du monastère.

Dans les environs…

Non loin de Wat Chai Watthanaram, d’autres ruines khmères demandent à être visitées :

- Le Wat Phra Si Sanphet, salué comme le plus beau temple du parc historique d’Ayutthaya ;

- Le Wat Ratchaburana, avec son prang admirablement préservé ;

- Le Wat Mahathat, juste en face du temple précédent ;

- Le Wat Yai Chai Mongkol, célèbre pour son grand Bouddha endormi.

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